• Weavings

    Dans un futur proche, le monde tel que nous le connaissons s'est effondré. Le climat déchaîné, la chaleur mortelle, les ouragan trop fréquent, la montée des océans et l'arrivée d'espèces invasives ont poussé les humains à migrer massivement au centre des terre. Mais ces humains, trop nombreux, ne peuvent plus rien faire pour changer les choses ; les scientifiques écologistes, trop longtemps ignorés, les avaient pourtant averti. Les animaux qui n'ont pas pu s'adapter rapidement, c'est à dire presque tous, sont morts, et pour tenter de rééquilibrer la faune quelques humains ont entreprit de créer des être de tissus, animés par on ne sait quel mécanisme. Ces animaux, nommés "Weavings", ont pour fonction de remplacer leur congénères et d'accomplir une tache unique, mais essentielle.

    636 fait parti des Weavings, mais après un grave accident, il perd la mémoire et le souvenir de sa tache. A la recherche de ses origines, il se lance dans une aventure dangereuse dans un monde mort, où aucun futur ne semble l'attendre.

     

    Chapitre 1 - 636

    Chapitre 2 - Caméo

    Chapitre 3 - Explications

    Chapitre 4 - Reflet de la réalité

    Chapitre 5 - Un nouveau départ ?

     

  • Au fin fond de la ville nocturne, grande ville braillante et lumineuse, se trouve un quartier à part. Un ancien quartier composé des petites maisons étroites serrées les unes contre les autres. Ces maisonnette ont de hauts murs gris, sales et fissurés. Elle sont inhabitées depuis très longtemps, si bien que tout le monde a oublié leur existence. Pourtant, une forme de vie a trouvé refuge dans ces carcasses vides. Et à l'intérieur d'une maisons délabrée, une femme s'active. Elle répare ce qu'elle a créé il y a si longtemps, quand elle avait cette autre vie. Ses doigts courent sur la peau de tissus. Un fil ici, l'autre là. Son aiguille passe dans un bouton. Elle coud le dernier œil, et son ouvrage est fini. Enfin, la femme se couche et s'endort immédiatement, épuisée par cette longue nuit. À peine a t-elle fermé les yeux que ses paupières à lui se soulèvent. Il observe longuement la pièce. Petite et sombre, à l'entretient négligé, elle est pourtant la plus grande pièce de la maison. La lourde porte de fer qui se détache dans cette atmosphère de gris, donne sur la rue crasseuse et nauséabonde. D'imposantes armoires noires longent tous les murs de l'habitation. Au centre de ce salon, une table d'opération longue et rectangulaire est dressée. Et il est couché sur la table. Encore couché, toujours couché. Il essai de se redresser. C'est la première fois depuis très longtemps qu'il ne s'est pas levé. Depuis cet accident, celui qui lui a fait perdre l'usage de ses membres antérieurs et de son œil. Maintenant, il peut voir et se lever. Son pas est encore hésitant, mais il s'adapte rapidement. Un mouvement à l'extérieur attire sont attention. C'est un ami qui revient du travail, et qui passe par la fenêtre de la cuisine. Tout deux se saluent, puis le nouveau se dirige vers une des énormes armoires. Il se place sur l'étagère où est écrit son nom, puis s'endort. Désireux de retrouver tous ses souvenirs, l'autre s'approche et pousse la porte du museau. Le battant s'ouvre complètement, lui dévoilant des centaines d'étagère où sont posées autant de créatures faites de tissus, de fils et de boutons. Chats, chiens, monstres, animaux indéterminés... tant d'années de travail regroupées en un seul lieu. Seule une place est libre.

    « La mienne » pense t-il. L'animal s'approche. Son nom est marqué sur l'étiquette, mais dans une langue qui lui est étrangère. Dans une case plus haute, une bête qui ressemble à un chat se réveille. La nouvelle créature saute près son congénère, et celui-ci entame la conversation.

    « Bonjour » envoi t-il en pensée.

    L'autre fait mine de ne pas l'avoir remarqué.

    « J'ai besoin de votre aide. » insiste le premier.

    Cette fois, l'autre le regarde. Alors il continue.

    « Pouvez-vous me dire se qu'il est écrit sur mon étiquette s'il-vous-plaît ? »

    Le chat s'avance, regarde le papier jaunis, revient devant son interlocuteur, et trace quelques lignes dans la fine couche de terre du salon. Le premier les lit.

    « Numéro six cent... six cent trente... six... C'est moi ? »

    L'autre ne répond pas. Il se contente de montrer la fenêtre ouverte de la cuisine, puis remonte sur son étagère.

    636 est seul. Il bondit sur la table, et marche jusqu'à la fenêtre. En sautant, il peut l'atteindre. En sautant loin. 636 recule, prend de l'élan, et s'élance avec toute la grâce féline qu'il possède. Ses pattes avant atteignent sans mal le rebord, mais le reste de son corps reçoit le mur de plein fouet. Le souffle coupé, 636 se hisse péniblement sur le rebord de la fenêtre. Dehors, la ville nocturne s'agite. Les voitures foncent, des lampes s'allument, d'autres s'éteignent. Le bruit constant fait trembler le sol. Une odeur de caoutchouc brûlé envahis l'air, presque irrespirable. La lumière jaunâtre éclaire le nuage de pollution gris et noir qui s'est formé au dessus des immeubles sales. 636 observe le chaos, émerveillé.

    « Quel animal a bien pu faire une chose pareille, c'est prodigieux ! »

    S'arrachant à sa contemplation, le chat se laisse tomber sur le petit balcon instable, puis passe à celui du voisin, et celui d'après, jusqu'à atteindre le bout de la rue. C'est une rue humide, malodorante et visqueuse, au goudron noir et chaud sentant le pétrole. 636 s'y aventure et se retrouve bientôt au milieu d'un fatras de cartons, de piles de papiers écroulées, de centaines de poubelles éventrées abandonnées depuis des années... Le chat s'approche d'un bidon jaune renversé, où un symbole noir est peint. Une flaque de liquide luisant s'est formée devant l'objet, et 636 ne résiste pas à l'envie de la goûter. Il renifle la surface, une odeur douceâtre s'en échappe. L'animal allait y tremper une patte, quand un miaulement sur sa droite l'en empêche.


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    • Je ne ferais pas ça si j'étais toi.

    636 se retourne. Un petite chatte grise à la fourrure mal entretenue se tient là, à quelques mètres de lui. Surpris, il recule vivement.

    • Hé, calme toi ! Je ne vais pas te faire de mal !

    Elle lève une patte, griffes découvertes, et affiche un sourire narquois.

    • Quoi que...

    636 se reprend. Il n'a rien n'a craindre de cette chatte. Elle sort à peine de l'enfance, ses griffes sont rondes, et elle n'a pas encore les crocs tranchants.

    « Qui est tu ? » demande t-il en pensée.

    • Je m'appelle Caméo. Et toi ?

    « Je suis 636 »

    • 636...

    Le visage de la petite chatte s'assombrit.

    • Je ne savais pas qu'il y en avait autant.

    « Autant de quoi ? »

    Elle se détourne, esquivant la question puis fait mine de partir avant de se retourner.

    • Tu es nouveau dans le quartier ? Je ne t'avais jamais vu avant.

    « Il y a si longtemps que je ne suis pas sorti, que je ne me souviens pas de grand chose. Mes souvenir se sont perdus. Je sais seulement que j'étais allongé pendant des années. »

    • Tu ne sais pas ce qu'il se passe à cette époque alors...

    Caméo se tait, puis son visage s'illumine, comme si elle venait d'avoir une excellente idée. Elle s'élance vers une source de lumière de l'autre côté de la rue.

    • Tu viens 636 ? appelle t-elle. Je vais te montrer quelque chose !

    « J'arrive. »

    Les deux chats marchent côte à côte dans les sombres ruelles. Caméo guide son compagnon jusque sur le toit d'une grande maison. Les immeubles gris et immenses la bordent, mais la vue est surprenante : la couleur du ciel est un mélange entre du noir, de la rouille et du orange foncé. 636 est surpris.

    « Caméo, pourquoi le ciel est-il de cette couleur ? »

    • C'est la pollution du monde qui a formé un nuage persistant autour de la Terre, notre planète. Ce nuage renvoie la lumière de la ville. C'est pour ça qu'on a l'impression que le ciel est rouge.

    « C'est beau. »

    • Quoi ? Beau ? Ça nous empoisonne la vie ! C'est pour ça que vous êtes là !

    « Nous ? »

    • Oui toi. Et ceux qui te ressemblent !

    « Je ne vois pas de quoi tu parles. »

    Caméo semble se calmer. Elle regarde maintenant 636 avec pitié.

    • Tu ne sais même plus qui tu es ?!

    Le chat secoue la tête, repensant à l'accident qui lui a enlevé la majeure partie de ses souvenirs.

    • Mince alors...

    Caméo réfléchit.

    • Dans ce cas, je vais te montrer ! Viens !

    La petite chatte part en courant, et son compagnon tente tant bien que mal de la suivre. Tout deux serpentent entre les ruelles humides, les rues sales, et les maisons fermées. Ils sortent de la ville et courent jusqu'à une petit colline. 636 s'arrête brusquement. Caméo le remarque et fait de même.

    « Où est-ce que tu m'emmènes ? » demande t-il.


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    • Je vais t'apprendre l'histoire du monde !

    « Quoi ? »

    Caméo s'assoit sur le sol mort. Un vent à l'odeur de souffre secoue son pelage de cendre. L'herbe, jaune et sèche, devient rare, même ici.

    • Tu es prêt ?

    636 se couche près d'elle et fait oui de la tête. Sa compagne prend une inspiration et commence son récit.

    • Les scientifiques humains qui étudient la planète savent depuis très longtemps que tout va mal et que la situation empire, mais les humains des villes et ceux qui dirigent les grandes industries polluantes ne les croyaient pas, alors il ont continué, et ce que tout le monde appelle "l'effondrement" c'est brutalement produit. Il y a une dizaine d'années, tout a basculé :

     

    Ma grand mère m'a raconté que quand elle était petite, il y avait du sable sur les plages. Le ciel était bleu, les nuages étaient blancs. L'herbe était verte et le vent était frais. La vie était agréable sur Terre. Mais les Humains ont toujours fait la guerre, il ont toujours détruit la vie. C'est dans leur nature, et ça le restera. Cette fois ils ne se battaient pas entre eux, mais contre la planète. À cause de leurs véhicules polluants, de leur surexploitation de la Terre et bien d'autre mauvaises choses encore, la Terre en a eu assez. Alors elle s'est défendue. Elle a envoyée des maladies tuer les plantes que les Humains mangent. Mais ils ont répliqués en versant plein de produits toxiques sur elle. Puis la Terre a supprimée le pétrole, ce liquide noir et collant que les Humains adorent. Mais ils ont fait encore plus de trous pour aller en chercher plus profondément. Tant et si bien qu'il ont considérablement fait réchauffer l'air et l'eau. Les énormes blocs de glace sur et sous la Terre se sont mit à fondre, et les températures ont encore augmentées. Les vents se sont déchaînés là où ils n'auraient jamais du exister, le niveau de l'eau est monté, et les plages de sable ont été remplacée par les murs de béton. Mais cela n'a rien changé. Tout a empiré lorsque les Humains ont tous migré vers le centre des terres. Ils ont construits des villes gigantesques qui peuvent accueillir des milliards de personnes. Mais la pollution entraine la pollution. Bientôt, l'air, l'eau, l'herbe... Tout est devenu nocif pour les animaux. Beaucoup trop sont morts, et l'équilibre instable de la Terre s'est effondré. Les Humains se sont réveillé trop tard. Pourtant ils connaissent le changement climatique depuis des centaines et des centaines d'années, mais ils ont attendu que la Terre meure pour songer à faire attention à elle. Malgré ça, pour que les Hommes survivent, ils ont eus besoin des Weavings. C'est comme ça qu'une dizaine de personnes a commencé à créer ces animaux de tissus, animé par on ne sait quel mécanisme. Ces personnes sont appelées des Créateurs. Il n'en reste plus que trois dans le monde, dont celle qui habite dans cette ville. Et tu es une de ses inventions. Tu t'appelles comment déjà ?

    « 636. »

    • Alors il y en a eu 635 avant toi, et il y en a sûrement d'autre après. Un Créateur passe sa vie à coudre, à fabriquer, et assembler les pièces. Ce qui est certain, c'est qu'un jour, il n'y aura plus que les Weavings sur Terre... À condition que la Terre soit toujours là.

     

    « Et bien ! Quel âge as-tu pour connaître autant de choses ? »

    • Moi ? J'ai eu un an le mois dernier.

    « Un an ! »

    • Ouais ! Et toi t'as quel âge ?

    « Je ne sais pas. Je ne me souviens pas de mon enfance. Je ne sais même pas si j'en a eu une. Je ne sais rien en fait. Ni quels sont mes frères, ni à quoi je ressemble. »

    • Ah ! Ça, je peux l'arranger. Viens avec moi !

    « Encore ? »

    636 regarde les nuages de l'horizon prendre une teinte jaunâtre.

    « Je dois rentrer. »

    • Quoi, déjà ?

    « Oui, sinon ma Créatrice va me gronder. »

    • D'accord... Je te raccompagne ?

    « Si tu veux. »

     

    ***

     

    636 se hisse sur son étagère. Les nuages sont maintenant complètement jaunes. Il sent ses yeux se fermer doucement, avant de sombrer dans le noir de ses pensées vides.


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  • 636 ouvre les yeux. Dehors la nuit est tombée. La lumière orangée d'un lampadaire entre par la fenêtre ouverte. Le Weaving descend de son étagère. Ses congénères sont tous en rang, chacun dans sa case. 636 se demande si il ne devrait pas rester lui aussi à l'intérieur, mais l'envie de sortir pour retrouver Caméo est trop forte. L'animal sort par le même chemin que la nuit dernière. La petite chatte lui avait donné rendez-vous dans la ruelle où ils s'étaient rencontrés, alors 636 se dépêche de la rejoindre. Fidèle à sa parole, Caméo l'attend. Aussitôt qu'elle aperçoit le Weaving, elle se précipite vers lui.

    • Salut 636 ! Ça va ?

    « Je vais bien merci. Et toi ? »

    • J'ai eu quelques difficultés à traverser la rue à cause des passants trop nombreux. Tu les verrais se bousculer là bas, tous pressés, tous en retard... Même la nuit, le passage est presque impossible. Mais je suis bien plus forte qu'eux, moi !

    « Sûrement. » répond 636.

    • Oui, heu... Je voulais te montrer quelque chose, hier. C'est du côté de l'usine à eau, viens !

    Caméo entraine 636 à travers la ville bondée. Les grands immeubles gris et carrés surplombent les rues étroites et les grandes avenues bruyantes. Des millions de lampadaires jaunes éclairent la ville. Des milliards d'humains s'affairent dans la rue ou dans leurs bureaux. Un autre milliard de voitures et autant de camions foncent sur les ponts, ou sont coincés dans des kilomètres de bouchons. C'est une méga-ville qui s'agite sous les nuages noirs et rouges de la pollution. Une méga-ville de neuf milliards d'habitants qui continuent de polluer, inconscient que la mort à déjà pris des milliard d'entre-eux. Pas assez. Il en reste encore 18 milliards qui détruisent et tuent cette planète qui leur a donné la vie, et qui est en train de mourir. Bientôt, il ne restera pus que les débris de cette terre. Et avec eux, les débris humains. Mais qui s'en soucie ? Personne. Personne ne semble s'inquiéter. Chacun vie sa vie, sans se préoccuper de sa survie...

     

    Caméo et 636 arrive enfin à « l'usine à eau ». C'est une immense usine qui se charge de transformer l'eau empoisonnée des mers en eau potable pour les Hommes.

    • Voilà, dit Caméo. C'est ici que tu verras à quoi tu ressemble. Il suffit de trouver une flaque, et c'est plutôt facile. Le sol mort est tellement imperméable qu'il n'absorbe même plus l'eau.

    « À oui ? »

    • Ouais. C'est les effet secondaires des produits chimiques que les humain ont versé partout.

    Caméo se met à la recherche d'une petite flaque pas trop sale. Quelques minutes après, elle en trouve une à peu près correcte. Elle appelle 636, et celui-ci arrive en courant.

    « Tu as trouvé ? »

    • Oui. Regarde, c'est ton reflet. C'est à ça que tu ressembles.

    636 se penche au dessus de l'eau brunâtre. Deux petites oreilles brunes et souples sont attachées à sa tête de tissus ocre. Ses yeux sont deux cercles de fer terne avec une petite lueur blanche au fond de ses orbites noirs. Son cou est rattaché à son corps élancé fait d'un cuir brun et fin. Ses quatre pattes articulées sont faites de plastique blanc recouvertes du même tissus.

    « Ouah ! Et tous les Weavings sont comme moi ? »

    • Hum. Je n'en ai pas beaucoup vue de près. Tu es le premier. Mais ceux que j'ai vus de loin te ressemblent, oui, sauf les oiseaux qui ont des plumes de plastique. Je le sais pour en avoir croqué un par mégarde, ce n'était pas bon du tout.

    « Ceux de ma créatrice sont comme ça. »

    • Mais même si vous vous ressemblez, chaque Weaving est unique. Dans l'apparence mais surtout dans le fonctionnement. Chaque espèce a une tache à assumer. Tu es un Weaving chat. Tu dois donc remplir le rôle d'un chat.

    « Et qu'est ce que je dois faire ? »

    • Des trucs de chat ! Chasser les rats qui portent les maladies, tuer les souris qui éventrent les poubelles... Des choses comme ça quoi.

    « Tu le fais aussi ? »

    • Ben... Parfois oui... mais c'est pas vraiment agréable de risquer sa vie contre les rats juste pour que les humains vivent, alors qu'eux ils ne font rien.

    « Je comprend. »

    Un silence gêné s'installe entre eux.

    • Heu... Qu'est ce que tu veux qu'on fasse ?

    « Je ne sais pas... Est ce que tu as une maison ? »

    • Je dors dans les cartons qui sont entassés dans la rue John Weaver. C'est pratique pour être hors de la vue des passants. Maintenant, les vrais animaux sont rares, et à chaque fois que les humains en voient un, ils se ruent dessus pour le mettre en cage et l'examiner. Je pense qu'ils cherchent un vaccin pour immuniser les derniers encore en vie. Mais je ne veux pas me retrouver dans un laboratoire jusqu'à la fin de mes jours. Je préfère de loin être libre.

    « Heu... Tu as dis la rue ''John Weaver'' ? Weaver, comme... Weaving ?

    • Oui, c'est le président de la ville. C'est lui qui a donné l'idée d'inventer les Weavings en parlant d'animaux artificiels qui pourraient survivre. Après, un grand inventeur du nom de James Locon a conçut le premier Weaving, les neuf autres Créateurs se sont mis a faire des centaines de créatures, et l'espèce c'est généralisée. Mais il n'y a pas assez de Weavings pour remplacer complètement les animaux. En temps normal, la Terre pourrait se régénérer, même sans eux, et continuer de vivre bien après la mort de l'humanité, mais nous avons déjà dépassé le point de non-retour.

    « Je suis désolé. »

    • Pourquoi ?

    « Tu vas mourir avec les humains, tandis que je continuerai à vivre. »

    • Bah. Soit pas triste, le paradis des animaux doit être bien mieux que cet enfer sur Terre.

    « J'espère que tu y sera heureuse. »

    • Sûrement !

    Un rayon de soleil perce la couverture nuageuse, et vient éclairer la ville et les deux chats. Les deux animaux lèvent la tête en même temps.

    • Regarde 636, c'est le soleil levant ! C'est tellement rare que les nuages s'écartent ! Ça n'arrive qu'une fois par an !

    « C'est beau. »

    • Oui, ça c'est vraiment beau...

    « Non, je veux dire, ta fourrure. En fait elle est blanche, et avec le soleil c'est très joli. »

    • Ah ! Heu... merci. C'est un peu inattendu...

    Caméo détourne le regard. Peu de temps après, la couche nuageuse redevient grise et opaque. La petite chatte relève la tête.

    • Le soleil se lève, tu ne devrais pas rentrer ?

    « Si, mais j'ai envie de rester. »

    • Tu sais, je m'en voudrais si tu avais des problèmes. Et puis on se reverra ce soir.

    « D'accord. Alors à ce soir. »

    Caméo regarde s'éloigner 636. Une douce chaleur monte en elle et la fait sourire.

    • Il est vraiment spécial...


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  • 636 ouvre doucement les yeux. La nuit est tombée. Le Weaving saute sur le sol et se dirige vers la table de la cuisine, comme d'habitude. Mais quelque chose le dérange, quelque chose a changé. Inquiet, il se retourne et se fige aussitôt : les étagères qui devrait abriter ses 900 congénères sont vides ! 636 s'élance dans la maison, en direction de la chambre de sa Créatrice. Elle est vide, tout comme les autres pièces : le Weaving est seul. Après avoir attendu de longues minutes dans une patience paniquée, il se décide à sortir pour rejoindre Caméo. Elle saura peut être ce qui est arrivé aux autres Weavings.

     

    ***

     

    « Caméo !! »

    En attendant 636 crier son nom, la petite chatte sursaute. Son ami Weaving fonce sur elle à toute vitesse. Fouillant dans les poubelles à la recherche de nourriture, elle ne l'avait pas vu arriver.

    • 636 ! Tu m'a fait peur ! Qu'est ce qui ce passe ?

    « Tout le monde est parti ! Je ne sais pas ce qui se passe, je...

    • Hé ! Calme-toi. Respire, et redit-moi ça.

    « Les Weavings et la Créatrice ont disparu... »

    • Ah... Je vois. Elle a du partir pour une autre ville.

    « Quoi ? »

    • En fait, il ne reste que trois Créateurs. Ils sont réparti entre les villes, mais il arrive qu'un Créateur ne parvienne pas à créer assez de Weavings pour une raison quelconque. Alors un autre Créateur doit se rendre chez lui pour l'aider pendant un certain temps.

    « Mais alors qu'est ce qu'il arrive à la ville qui n'a plus de Créateur ? »

    • Avant de partir, ta Créatrice à libéré tous ses Weavings dans la ville. A son retour, elle en créera de nouveau pour remplir les étagères.

    « Alors je suis libre ? Et les autres aussi ? Il faut aller les chercher. »

    • Non, très peu de Weavings peuvent communiquer et comprendre. Tu es le premier que je rencontre. On perdrait notre temps.

    « Alors ? Qu'est ce qu'on peut faire ? »

    • Hum... Si tu es libre, alors on peu aller n'importe où !

    « Qu'on parte ? »

    • Oui ! On pourrait aller quelque part entre les villes. On verrait les plaines désertes, les montagnes de poussières, des rivières qui ont peut être encore de l'eau... Et avec un peu de chance, on reverra le soleil !

    « Alors on va chercher le soleil ! »

    • Et le ciel ! Tu as déjà vu le ciel ? Il y a sûrement un endroit où les nuages sont moins épais. Et j'aimerais tellement voir les étoiles aussi ! Et la mer, et des arbres vivants, et d'autres animaux, et...


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