• Les sentiments d'Aile de Pavot

    Salut ! C'est la première fois que j'en raconte autant sur un même personnage. Ça m'a mis du temps pour écrire, et je n'ai toujours pas finit ! Je pense faire trois parties : "Eveil", "Floraison", et "Envol", en plus de "Aile de Pavot".

    Alors bonne lecture... et à bientôt !

  • Dans le Clan du Cerisier, est née Petit Pavot. Petit Pavot est une petite chatte blanche, avec les pattes constellée de taches noires, et des yeux gris. En apparence, c'est une chatonne comme toutes les autres, mais à l'intérieur, elle est complètement vide.

    Depuis sa naissance, Petit Pavot n'a jamais ressenti de sentiment. Et ce n'est pas faute d'avoir essayer, puisque le guérisseur du clan l'a examinée plusieurs fois, sans jamais détecter de maladie, que les parents de Petit Pavot n'ont cessés de la gâter, de la chouchouter, et que Petit Pissenlit, l'ami de Petit Pavot, a tout essayé pour l'amuser. Mais d'après tous les guérisseurs, Petit Pavot ne ressentira jamais l'amitié, la joie, la tristesse, la peur, la colère et l'amour.

    Petit Pavot grandit avec Petit Pissenlit, et tout deux prirent les nom de Nuage de Pavot et Nuage de Pissenlit. Nuage de Pavot s'entraîna comme tous les autres apprentis, elle apprit à se battre, à chasser, et elle reçut vite son nom de guerrière. Mais Aile de Pavot savait qu'il manquait quelque chose à sa vie, et elle ne pouvait que subir une existence dont personne n'aurait voulut.

    Un jour, où les oiseaux auraient du chante, où les proies auraient du gambader, et où les bipèdes auraient du s'activer, tout était calme. Pas un bruit ne venait troubler le silence de ce matin. Chacun se demandait pourquoi, quant un chat inconnu fit irruption dans le camp. Il traça quelques lignes dans le sable et une fumée grise s'en échappa.

    Quand Aile de Pavot sorti de la tanière des guerriers, personne n'aurait pu la reconnaître. Son apparence était la même, mais son regard avait changé ; il pétillait à présent de joie et d'une envie de vivre.

    Sans se préoccuper des tête ébahies du reste du clan, Aile de Pavot dirigea la patrouille frontalière avec bonne humeur, elle fit les corvée en plaisantant avec les apprentis, elle chassa avec Poil de Pissenlit, sont ami, et elle passa du temps avec ses parents. Aile de Pavot était devenue aussi normale que tous ses camarades.

     

    La nuit tombée, on fit un festin pour célébrer la guérison de la guerrière, et le miracle du chat errant. Aile de Pavot et Poil de Pissenlit parlèrent beaucoup, et se couchèrent tard. Mais quand le chat voulut réveiller son amie, elle ne réagi pas. Son corps était froid, elle était morte dans son sommeil, heureuse d'avoir pu ressentir enfin quelque chose : de l'amour pour son clan, et pour son nouveau compagnon.

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    Je flotte.

     

    Il me semble que je suis dans l'eau.

    C'est chaud, c'est agréable...

    Je suis une vague, une goutte dans cette immensité...

     

    Il fait noir, mais c'est rassurant.

     

    Je pourrais rester ainsi pour l'éternité, ça ne me dérange pas...

     

    ...

     

     

    Une lumière m'aveugle. Puis une voix m'appelle.

     

    Non... Je ne veux pas...

     

     

    ... Laisse moi !

     

     

     

     

    • Petit Pavot ! Petit Pavot ! Réveilles-toi !

    • Hein...? Quoi...

     

    J'ouvre les yeux avec peine. D'abord, tout est blanc et lumineux, puis j'arrive à discerner une forme jaune. Je referme les yeux et je marmonne.

    • Non... Vas t-en...

    Je replonge dans mon sommeil, mais la voix insiste, cette fois accompagné de coups de pattes.

    • Aller Petit Pavot ! Viens ! Sinon on va être en retard !

    A contre cœur, je me lève, puis je regarde quel est l'idiot qui me dérange. C'est un jeune chat, un peu plus grand que moi. Ses yeux sont verts, tirants sur le jaune, et sa fourrure est blonde comme le soleil. De petite rayure rousses zèbrent son dos. C'est Petit Pissenlit, mon camarade de tanière.

    • Petit Pavot ! me supplie t-il. Étoile du Nord va nous baptiser ! Il faut absolument que tu viennes !

    • Ah ! C'est pour ça ! Mais pourquoi tu ne l'as pas dis plus tôt ? J'arrive...

    Je m'empresse de faire une rapide toilette. Je lisse les poils de mon poitrail, et je suis Petit Pissenlit dans la clairière du camp. Tout le monde est venu. Je vois Fleur du Ciel et Patte Blanche, mes parents, et Œil de Soleil, le père de Petit Pissenlit. Sa mère est morte il y a une lunes, donc c'est normal de voir de voir qu'Œil de Soleil est triste. Mais avant de trouver d'autres visages familiers dans la foule, l'appel d'Étoile du Nord retenti. Le chef est debout, en haut de la montée qui mène à sa tanière. Il surplombe le camp, et d'un regard fier, nous parle :

    • Mon cher clan, il est temps d'accueillir parmi nous de nouveaux membres. Petit Pissenlit et Petit Pavot ont maintenant l'age de devenir apprenti, et de mettre à notre service leurs talents.

    Le chef se tait, puis se tourne vers moi.

    • Nuage de Pavot, ton mentor sera Poil de Blizzard. Pierre Polie, je te confie Nuage de Pissenlit. Apprentis, rendez vôtre clan fier de vous, et aidez-le !

    Sur ces mots, Étoile du Nord se tait, et laisse le clan nous acclamer.

    • Nuage de Pavot ! Nuage de Pissenlit ! Bravo !

    En entendant son nouveau nom, mon camarade se dresse de fierté. Je devrais ressentir la même chose, non ? Alors pourquoi je n'y arrive pas ? Quel est le problème chez moi ?! Agacée, je m'éloigne de la colline, sous l'œil étonné de Nuage de Pissenlit.

    • Nuage de Pavot !

    Je devine à sa voix que c'est Poil de Blizzard, mon mentor, qui m'appelle. Pour notre premier jour, j'ai envie de l'impressionner, même si je sais que je ne ressentirai aucune fierté. Alors je me retourne et plante mon regard dans le sien. Avec mes yeux si particuliers, je n'aurais aucun mal à le déstabiliser.

    • Nuage de Pavot, répète t-il. On va faire le tour du, heu... territoire ? il baisse les yeux. Je, heu... Aller, viens.

    Poil de Blizzard sort du camp la queue basse en signe de soumission. C'est gagné ! Je m'efforce de prendre un air intéressé, puis je le suis, et nous commençons ma première journée d'entrainement.

     

    ... à suivre dans "Floraison"...

     


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  • A l'extrémité de mon champ de vision, une tache flou s'agite. Je la voie fondre vers moi, se retournant et tourbillonnant. Je l'évite facilement puis me replace, prête à bloquer un nouvel assaut. Justement, mon adversaire me charge, avant de glisser sous mon corps. Mais je connais bien cette attaque, et je saute au dernier moment, juste avant que l'ennemi ne m'éventre. Un autre chat entre soudain dans mon champ de vision. C'est Poil de Blizzard, mon mentor. Il se bat contre une chatte noire, particulièrement féroce. Il vient à côté de moi, et nous nous retrouvons dos à dos.

    • Nuage de Pavot, fais attention à cet adversaire : il utilise des attaques dangereuses !

    Pour ne pas perdre de temps, je lui répond brièvement.

    • Oui, j'ai vu !

    Je me reconcentre sur mon combat et évite un coup de patte, avant de bondir sur mon ennemi. Je plante mes griffes dans son poitrail, et tire violemment. Le matou pousse un hurlement et s'enfuit, la fourrure ensanglantée. Je me retourne pour voir qui a besoin d'aide. Mais dans ce combat, ce n'est pas facile de savoir qui est ami, et qui est ennemi. Je m'essuie les yeux, pour enlever le sang qui m'empêche de voir. Je vais m'élancer dans la mêlée, mais au même moment, quelqu'un me percute. Ma vision se trouble un instant, puis je reprend mes esprits. Je regarde qui m'a bousculé, et mon regard se pose sur deux chat. Je tente de les reconnaître, mais ils combattent au corps-à-corps, se qui ne me facilite pas la tache. L'un est brun foncé, et l'autre me parais être blanc et roux. Les combattants roule dans la poussière, et je ne peux que les regarder. Le brun a le dessus, et il jette son adversaire au sol. Je m'aperçois maintenant que le chat n'est pas roux, mais blanc : c'est Étoile du Nord, mon chef !

    Je me précipite pour intervenir, mais le matou brun est plus rapide. Il retourne Étoile du Nord, et l'éventre d'un geste rapide et précis.

    • Non !

    J'entends un cri et je me retourne. Nuage de Pissenlit me dépasse à toute vitesse, et saute sur le chat brun. Celui-ci, surpris, tombe avec mon camarade. Je fait confiance à Nuage de Pissenlit, mais je sais que contre un adversaire pareil, il n'a aucune chance. Je m'élance à son secours, et je suis vite rejoint par Poil de Blizzard. Mais avant de pouvoir nous engager dans le combat, Plume Céleste, notre lieutenante, sonne la retraite. Le chat brun relâche Nuage de Pissenlit et le regarde partir d'un air satisfait.

    Sur le chemin du retour, tout le monde est silencieux. Cette bataille contre le Clan du Hérisson n'en valait pas la peine, surtout quand on pense qu'elle a été déclenchée à cause d'une histoire de patrouilles trop fréquentes. Nuage de Pissenlit marche à mes côtés. Je me demande ce qu'il doit ressentir : de la tristesse ? de le honte ? de la colère ? Moi, je ne ressent rien. C'est une impression étrange, être vide, sans pouvoir comprendre ceux qui m'entoure. Je me suis habituée à cette impression ; ça me paraît rassurant, de toujours réfléchir avant d'agir, et de ne jamais prendre de décision à la légère, en mesurant chaque conséquence... Mais en même temps, je sais que je ne pourrais jamais être comme les autres, je ne pourrais pas vivre dans cette condition. Il me manque quelque chose, et je suis incapable de continuer à vivre comme ça. Pourquoi est-ce que je suis différente ? Pourquoi moi ? Pourquoi moi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi !

     

    Nous arrivons au camp. Nuage de Pissenlit, l'air abattu, va immédiatement dans la tanière des apprentis. Au même moment, Plume Céleste grimpe en haut de la montée, et appelle au rassemblement. Elle attend que le silence s'instaure, puis prend la parole.

    • Chats du Clan du Cerisier ! Lors du combat contre le Clan du Hérisson, notre chef a été tué par le meneur du camp adverse. En tant que lieutenante, ce soir, j'irais dans la montagne pour recevoir mon nom de chef et mes neuf vies. Pour le moment, restaurez-vous. Nous ferons payer le Clan du Hérisson bien assez tôt. Mais avant de partir, j'ai encore quelque chose à faire. Nuage de Pissenlit et Nuage de Pavot ont été courageux pendant la bataille, et ils sont maintenant apte à recevoir leurs noms de guerrier.

    Plume Céleste se tourne vers moi, puis récite les paroles coutumières :

    • Nuage de Pavot, tu as bien combattue aujourd'hui, et tu a su faire preuve de sang froid. Alors je souhaite te nommer guerrière. Poil de Blizzard, appelle la nouvelle meneuse. Juge-tu ton apprentie capable d'assumer ses taches de guerrière ?

    Mon mentor acquiesce, visiblement fier de moi.

    • Nuage de Pavot, promet tu de servir ton clan jusqu'à ta mort ?

    • Oui !

    • Alors je te donne ton nom de guerrière : à compter de ce jour, tu t'appellera Aile de Pavot !

    Tout le clan m'acclame, et pour ne pas paraître impolie, je me force à sourire. C'est étrange de faire semblant de ressentir une émotion, surtout quand c'est de la joie...

    Soudain la voie de Plume Céleste me tire de mes pensées.

    • Nuage de Pissenlit, approche.

    Mon camarade vient du dernier rang. Je ne l'avais pas vu sortir de la tanière. Il s'avance pour être à côté de moi.

    • Nuage de Pissenlit, reprend Plume Céleste. Tu as montré ton courage et l'étendue de ta maîtrise du combat, alors je pense que tu peux devenir un guerrier à ton tour. Es-tu de mon avis Pierre Polie ?

    • Je le suis, Plume Céleste, répond le mâle gris.

    • Alors, Nuage de Pissenlit, jure-tu de défendre ton clan même au péril de ta vie ?

    Mon camarade relève la tête, et regarde la lieutenante droit dans les yeux.

    • Je le jure !

    • Alors par les pouvoir qui me viennent de nos ancêtres, je te nomme Poil de Pissenlit. Nous avons deux nouveaux guerriers qui se battent à nos côtés, nous vaincrons le Clan du Hérisson !

    Plume Céleste se retire dans l'antre de son prédécesseur, laissant le clan entier nous acclamer, Poil de Pissenlit et moi. Mais mon camarade n'a pas l'air joyeux. Il paraît un peu triste, et en colère aussi. Et il a autre chose que je ne comprends pas. En fait je ne comprend rien de tout ce qu'il peut ressentir. Et ça m'énerve. Enfin, pas vraiment, car je ne sait pas ce que c'est que l'énervement, pas si je devait ressentir quelque chose à ce moment là, ce serait de la frustration et de la colère.

    Poil de Pissenlit part dans la tanière des guerriers et je le suis. On ne se blotti pas l'un contre l'autre, comme on avait l'habitude de la faire avant, mais on se couche néanmoins à côté. Et c'est en gardant cette pensée que je m'endort, bercée par la respiration de Poil de Pissenlit.


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  • Un monde noir, sans lune, sans étoiles : une nuit éternelle.

    Lointaine, incertaine, mais éclatante : une petite lumière.

     

    C'est tout ce que je vois.

     

    Je suis seule ici. J'ai beau regarder dans toutes les directions, je ne vois que du noir. J'ai peur. Je cherche la lumière. Elle semble loin, mais sans réfléchir, je me précipite vers elle. Je cour aussi vite que je le peux, mais j'ai l'impression de faire du surplace. Je commence à m'affoler. Pourquoi suis-je ici ? Pourquoi suis-je seule ! Je cour vers la lumière mais elle s'éloigne à chacun de mes pas. Soudain je trébuche et tombe. La chute est sans fin, je tombe sans pouvoir m'arrêter. Je tombe, je tombe, je tombe.... … ...

     

     

    • Aile de Pavot !

    Je me réveille en sursaut, et me redresse immédiatement. Poil de Pissenlit est penché sur moi.

    • Ça va Aile de Pavot ? Tu criais dans ton sommeil.

    • Oui... ça va...

    Je regarde autour de moi. Dans la tanière des guerriers, je suis seule avec Poil de Pissenlit. Dehors, le soleil est déjà haut.

    • Bon, alors tu veux partir chasser avec moi ? propose le guerrier.

    • Pourquoi pas...

    Je me lève et fait une petite toilette, puis je suis Poil de Pissenlit qui est sorti du camp. C'est étrange de partir seul car j'ai pris l'habitude d'être toujours accompagnée d'un mentor. Poil de Pissenlit a disparu. Je regarde de tous les côtés, pour tenter de l'apercevoir, quand quelqu'un derrière moi me saute dessus en miaulant. Nous roulons dans la poussière sur quelques mètres, puis je me relève. Mon assaillant n'est autre que Poil de Pissenlit. Le chat blond s'assoit en riant.

    • Alors ? Je t'ai fait peur ?

    Je secoue mon pelage pour faire tomber la terre, puis je le regarde dans les yeux.

    • Tu sais bien que je ne peux pas avoir peur.

    • Oui, peut être, mais je pensais que... heu... Désolé.

    Poil de Pissenlit baisse la tête. Je m'approche et je lui caresse le flanc avec ma queue.

    • Ça va, ce n'est pas grave. Bon, on va chasser ?

    • Oui. Tu as envie d'aller quelque part ?

    Je réfléchit quelques instants, puis je murmure pour moi même :

    • La source...

    Poil de Pissenlit se penche vers moi.

    • Qu'est ce que tu as dis ?

    • Rien ! Heu... en fait, je pensais à la source que nous avions découverte ensemble, lors d'une sortie.

    • Ah oui ! On y jouait souvent à la saison chaude ! Allons y, ça nous rappellera des souvenirs !

    Poil de Pissenlit sautille sur place, en souriant, mais je ne sait pas pourquoi. J'aimerais bien comprendre ce qu'il ressent parfois. Pourquoi suis-je incapable de ressentir quoi-que-ce-soit ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi !

     

    Nous avançons sur le chemin de mousse, serpentant entre les fougères et les arbres. Après quelques minutes, nous arrivons au pied d'un grand rocher, placé à une centaine de mètres de la frontière. Sans hésiter, Poil de Pissenlit et moi nous nous avançons dans cette partie de forêt qui n'appartient à aucun clan. Personne n'y va jamais, car c'est très proche d'une maison de bipède. Mais pendant notre apprentissage, Poil de Pissenlit et moi, on partait en douce du camp, et on allait jouer dans l'eau de la source. C'est une eau claire, fraîche et limpide. Une eau bonne à boire, une eau pure malgré le fait qu'elle soit à coté de la ville et de la pollution.

    • Hé, Aile de Pavot ! On est arrivés !

    La voix de mon camarade me sort de ma rêverie.

    • Aller viens, miaule t-il en se jetant dans l'eau. Elle est super bonne !

    Je trempe ma patte dans l'eau. Elle n'est pas aussi bonne que le dit le chat blond.

    • Ouais... mais il y a bon, et bon. Et là, c'est plutôt frais.

    • C'est pas grave, aller viens !

    Pour ne pas paraître rabat-joie, j'entre dans l'eau. Le froid me saisi aussitôt : l'onde est glaciale. Je contemple la surface. L'eau est tellement claire, et en même temps, il est impossible de voir mon reflet car la lumière et l'ombre produisent un éclat multicolore. C'est magnifique. Soudain, une forme semble apparaître. C'est un félin brun, au pelage grisé par le temps. Ces yeux sont gris avec des nuances de bleu. Je n'ai jamais vu de si belle couleurs. Le reflet me regarde fixement. Je le laisse m'entraîner dans ses iris azurs et indigos, si rassurants, et tellement profonds...

    • Hé, Aile de Pavot ! Aile de Pavot !... … …

     

    Ma vie est découpée, morcelée... C'est comme si je voyait se qu'il se passait, tout en étant hors de mon corps, que je ne pouvais voir que certains moments de ma vie, et que le reste restait flou, inaccessible.

    Surplombant la scène, je me vois. Je suis dans une eau multicolore avec un autre félin.

        Puis l'image change.

    Un chat blanc se penche sur moi. Il me semble que je le connais, mais je n'arrive pas à me rappeler de son nom.

           L'image change de nouveau.

    Je suis toujours avec le chat blanc. Il me surveille pendant que je dort. Il semble inquiet.

               L'image change encore une fois.

    Un chat brun, au pelage grisé par le temps, avance sur le chemin de la forêt. Sa patte avant droite est couturée de cicatrice. Un sac de bipède est attaché à son dos, et des battons sculptés en sortent. Le chat arrive dans une clairière entourée de tanières. Des chats en sortent et s'approchent de lui. Sans un bruit,il sort un de ses battons. Celui-ci est noir, avec des marques bleues. L'étranger commence à dessiner avec. Il trace des cercles, des trais, des marques qui ne veulent rien dire pour moi. Un nuage passe devant le soleil. Le ciel s'assombrit. De la fumée s'échappe des marques faites par le voyageur. La fumée m'entoure, m'aveugle. Puis une lumière éclatante... et...

     

    J'ouvre les yeux avec peine. La lumière du soleil est trop forte ce matin. Je me retourne dans ma litière, puis je tends l'oreille, pour savoir ce qui se passe dehors. Mais, chose étonnante, je n'entend rien. Intriguée, je me lève et une chaleur s'engouffre en moi. Une chaleur telle que... je...

    J'ouvre les yeux avec peine. La lumière du soleil est trop forte ce matin. Je me retourne dans ma litière en grognant.

    • Viens.

    • Poil de Pissenlit, arrête de me réveiller toujours trop tôt...

    • Viens !

    • Poil de Pissenlit, tu m'énerve.

    Un petit rire moqueur puis plus rien. Poil de Pissenlit m'agace avec ce jeu idiot. Cette fois, je me lève vraiment.

    • Quoi !

    Après avoir crié, ma colère est retombée d'un coup. J'ai cru que mon camarade était venu m'embêter, mais il n'y a personne dans la tanière des guerriers. Je regarde dehors. Le soleil est déjà haut, et il éclaire la forêt d'une chaude lumière. Un petit courant d'air pénètre dans la tanière. C'est agréable. Contente que cette journée commence bien, je sort le sourire aux lèvres. Dans la clairière, tout le monde s'était rassemblé autour du chef et d'un chat qui m'est inconnu. Mais peut importe. Je me dirige vers deux de mes amis.

    • Plume de Lin ! Feuille de Chêne !

    Les deux intéressés se retournes et me dévisagent.

    • Aile de Pavot, c'est toi ? demande Feuille de Chêne.

    • Oui, pourquoi ?

    • Heu... p-pour rien. C'est juste que tu...

    Plume de Lin et Feuille de Chêne échangent un regard étonné. Moi aussi je suis étonnée. Pourquoi cette question ? Ils ne m'ont pas reconnue ? Je chasse cette idée.

    • La patrouille frontalière du matin est partie ?

    • Heu... Non, je ne crois pas.

    • Alors allons y !

    Je sort du camp d'un pas léger, mes camarades, toujours désorientés, me suivent. Nous patrouillons sur la frontière qui nous sépare du Clan du Cyprès. De retour au camp, il est déjà midi. Je repère Poil de Pissenlit qui discute avec Œil de Soleil, son père. Celui-ci se retire, signifiant que la discutions est finie, alors Poil de Pissenlit s'approche de moi.

    • Aile de Pavot, c'est vrai que.. tu...

    • Quoi ?

    • Enfin... Tu est différente aujourd'hui... Plume de Lin et Feuille de Chêne me l'ont dit. Il c'est passé quelque chose ?

    Je suis surprise que tout le monde me trouve bizarre. Je n'ai pourtant rien fait !

    • Non, rien. J'ai mené la patrouille, c'est tout.

    • Ah, d'accord.

    • Bon ! On va manger ? Je meurt de faim !

    En disant cela, je trottine vers le tas de gibier. Poil de Pissenlit me regarde d'un drôle d'air avant de courir vers moi. Je me retourne en souriant, un gros lapin entre les pattes.

    • Celui là a l'air bien, on partage ?

    • Oui... s-si tu veux.

    Le chat blond se couche à côté de moi. Je prend une bouchée du lapin, et Poil de Pissenlit m'imite.

    • C'est délicieux ! dis-je.

    • C'est vrai. On fait quoi après ?

    Je réfléchis quelques secondes.

    • Hum... je crois que Plume Cél... pardon, Étoile Céleste, a demandé aux apprentis de changer les litières des anciens. On pourrait les aider.

    Mon camarade ne répondis pas tout de suite. Il pris le temps de mâcher.

    • Si tu le dis. Ça ira plus vite à quatre.

    • Alors allons y !

    Je passe ma patte sur mon museau pour enlever le sang de lapin. Poil de Pissenlit se lève, et se dirige vers la tanière des apprentis. Il passe la tête à l'intérieur et les appelle.

    • Nuage de Prune, Nuage de Lait, venez.

    Deux petites chattes, l'une d'un noir violacé et l'autre d'un blanc crémeux, en sortent.

    • Qu'est ce que vous voulez ? demande Nuage de Lait en plantant le regardant de ses yeux vermeils.

    • Il me semble que vous devez changer la litière des anciens, non ?

    • Oui, répond Nuage de Prune.

    Je devance Poil de Pissenlit en m'exclamant :

    • Alors on va vous aider ! Venez, on bien s'amuser.

    Puis je part en sautillant.

    • Tu est sure que c'est Aile de Pavot ? chuchote Nuage de Lait à sa sœur.

    Celle-ci se penche vers la chatte blanche.

    • Je pense que oui, mais elle est bizarre aujourd'hui...

    L'après midi passe très vite, et dans la bonne humeur. Aile de Pavot plaisante avec les anciens et Nuage de Lait. Nuage de Prune est plus en retrait, elle se contente d'observer avec ses grands yeux violets. Une fois les corvées terminées, Poil de Pissenlit propose à sa camarade d'aller chasser. Celle-ci accepte, et les deux chats rentrent avec énormément de proies. Étoile Céleste, qui a observé Aile de Pavot, et qui s'est entretenue avec le voyageur errant, organise un festin pour le soir. Chacun mange à sa faim, on rigole, on se raconte des histoire... A la fin de la soirée, Poil de Pissenlit entraîne Aile de Pavot dans la forêt, ils courent longtemps, et ne s'arrêtent que quand ils se sont très éloignés du camp. Là, tout est calme. La lune éclaire le sol, les lucioles volent, et les criquets chantent. Le chat blond et sa camarade s'allongent, l'un contre l'autre, sur un lit de mousse. On ne peut pas les distinguer car leurs pelages, argentés, se confondent. L'un commence à faire la toilette de l'autre. Puis ils s'endorment, en souriant. Aile de Pavot est heureuse de s'endormir contre                                                                                                                          son compagnon.


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